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02/09/2002

Crise de confiance et de moralité

On a si souvent disserté dans le passé sur l'importance de la confiance en économie pour qu'il ne soit pas utile de reprendre une fois encore un plaidoyer, parfois poussé à l'excès, au point que ce que l'on a appelé « la politique de la confiance » tienne lieu de politique économique.

Indiscutablement, la confiance est une variable clé de la croissance économique, ne serait-ce que parce que la croissance est le fruit d'un pari sur l'avenir, d'une préférence pour le futur. Mais cette confiance n'est pas qu'une affaire de psychologie. Faire voir la vie en rose au consommateur ne suffit pas à faire tourner la machine économique et les effets Pinay ou les effets Coupe du monde ne durent jamais bien longtemps.

La véritable confiance en économie, celle qui conditionne le développement, repose sur des fondements objectifs. La confiance dans la monnaie n'est pas que subjective, elle est la conséquence d'une gestion rigoureuse des moyens de paiement par la banque centrale, et seule l'inflation qui est la conséquence du laxisme détruit sûrement la confiance en provoquant inéluctablement la fuite devant la monnaie.

La confiance, celle qui nourrit l'épargne et l'investissement, ne se construit pas sur des chimères. Elle se gagne, elle se mérite par des actes. Ne pas faire tourner inconsidérément la planche à billets, ne pas jeter, comme on dit, l'argent par les fenêtres, ne pas mentir, ne pas tricher, ne pas tirer indéfiniment des traites sur l'avenir... Tels sont quelques-uns des préceptes par lesquels depuis toujours se gagne la confiance économique. Cette confiance-là n'est pas le reflet d'un état d'âme, c'est le fruit d'une morale.

Le capitalisme, pour fonctionner, exige un certain état de droit, un système dans lequel chacun sait ce qu'il peut raisonnablement attendre des autres, parce que c'est là la condition même du calcul économique. Si plus personne ne sait ce qu'il peut raisonnablement attendre des autres, si plus aucune règle n'est respectée, si tout le monde cherche à tromper tout le monde tout le temps, si toute l'économie devient un jeu de dupes, tout s'arrête, paralysé par la défiance. Comment savoir si un investissement a quelques chances d'être rentable, comment savoir ce qu'on achète si on ne peut plus se fier à rien ni à personne ? Si je suis sûr de me faire « rouler » en signant un contrat, je ne le signe pas...

C'est exactement la situation dans laquelle semble s'enfoncer l'économie mondiale. Chaque jour apporte son lot de révélations sur les mensonges, les dissimulations, les escroqueries, qui accroît la méfiance et fait plonger les Bourses. Pour une fois, ce n'est pas tant l'Etat et sa capacité d'honorer ses dettes et sa parole qui est en cause.

Le mal cette fois est d'une certaine manière plus profond : il s'étend à toute l'économie, pour ne pas dire à toute la société. Tout le monde désormais se méfie de tout le monde. La crise est bel et bien une crise morale. Ou, si l'on veut, une crise de moralité.

Le problème n'est pas seulement qu'on découvre un peu tard que, par nature, tous les comptes sont, sinon faux, du moins approximatifs, et que l'économie financiarisée est largement virtuelle. Le problème est que tout le monde semble avoir dissimulé, menti ou triché sciemment. On avait fini par croire que le principe des affaires était le cynisme et qu'il était bien naïf de vouloir mélanger la morale et les affaires. On connaît la formule qui excuse tout : « les affaires sont les affaires ». Seulement voilà, nous sommes en train de rédécouvrir que, lorsqu'il n'y a plus de morale dans les affaires, il risque de ne plus y avoir d'affaires du tout, puique chacun se trouve conduit à soupçonner chacun d'être un escroc en puissance qui pourrait bien chercher à le tromper. La financiarisation de l'économie avait déjà fait reculer la morale de l'effort et du travail au profit de celle du jeu. Et voilà qu'on découvre brutalement que ce jeu est un jeu sans règle où tous les coups, même les plus tordus, sont permis.

Quand les risques sont dissimulés soigneusement dans des hors bilans invisibles, quand l'endettement est caché, quand les résultats sont truqués, quand l'argent est détourné, quand on triche sur les écarts d'acquisitions, quand les analystes financiers orientent leurs conclusions en fonction des intérêts de leur banque, quand les normes de qualité, d'hygiène, de sécurité ne sont pas respectées, quand la fraude est partout, la crise de confiance éclate, comme elle éclate aujourd'hui.

Croire qu'on peut résoudre cette crise par la « gouvernance » et la transparence est illusoire : avant d'être une question de procédures, la question posée est une question de valeurs. A l'anomie sociale répond aujourd'hui l'anomie économique. La dangereuse crise de confiance que traverse l'économie est l'une des manifestations de la crise d'une civilisation ébranlée par l'effondrement du système de valeurs qui la sous-tendait, et l'on ne sauvera pas le capitalisme sans renouer avec « l'éthique du capitalisme » qui est bien davantage qu'une charte de bonne gouvernance, même si celle-ci n'est pas inutile.

 

La Croix, 02/09/2002

 

10/06/2002

Problème de taille des entreprises

Tout ce qui est grand n'est pas forcément efficace, tout ce qui est efficace n'est pas forcément grand.

 

C'est pratiquer l'euphémisme que de dire que les regroupements d'entreprises étaient à la mode dans les années 1990. En vérité, l'économie mondiale a été prise d'une frénésie de fusions et d'acquisitions qui a fait la fortune des banques d'affaires et qui fait maintenant souvent la ruine des actionnaires. Il y avait certes, comme toujours, quantités de bonnes raisons pour acheter des actifs à tour de bras. Il fallait grossir pour réaliser des économies d'échelle, pour amortir les dépenses de recherche et développement, pour acheter des parts de marchés pour atteindre la taille mondiale... Il fallait surtout grossir pour se mettre à l'abri, disait-on, des prédateurs avides de proies faciles.

A ce compte-là, le seul objectif a fini par devenir de manger l'autre à n'importe quel prix pour ne pas être mangé soi-même. Les économies d'échelle, les parts de marchés, la taille mondiale avaient bon dos : la plupart du temps les opérations de regroupement procédaient davantage de l'instinct de survie des technostructures qui cherchaient à préserver leur indépendance et à accroître leur pouvoir, que d'un calcul économique rationnel visant à augmenter la productivité et à maximiser la valeur de l'entreprise pour les actionnaires.

L'expérience sur la longue durée enseigne que la croissance externe, c'est-à-dire la croissance par fusion ou acquisition, détruit plus souvent de la valeur qu'elle n'en crée. Il est toujours très difficile de fusionner des entreprises qui ont des histoires, des cultures, des méthodes, des organisations différentes. Il est aussi très difficile pour l'acheteur d'évaluer correctement le prix de son acquisition et il est fréquent qu'il la paye trop cher à un vendeur mieux informé sur la valeur réelle des actifs.

Des années durant, une véritable bulle spéculative boursière a masqué ces difficultés. Les cours ayant perdu toute signification dans la spirale haussière, les acheteurs ont accepté de payer n'importe quel prix avec la conviction que ce qu'ils achetaient vaudrait plus cher demain.

Le dégonflement de la bulle a brutalement déchiré le voile de l'illusion : le moins que l'on puisse dire est que les actionnaires de France Télécom, de Vivendi Universal, d'AOL Time Warner, de WorldCom, de Daimler Benz, de Carrefour, de Compaq, n'ont pas beaucoup gagné à la croissance externe, ils ont parfois même perdu leur chemise. Non que certaines opérations ne fussent justifiées et profitables, notamment dans l'énergie, la banque ou les assurances. Mais beaucoup de désillusions furent tout de même au rendez-vous et sont venues démentir les préceptes qui avaient servi à justifier un engouement effréné.

De toute évidence, la taille n'est pas un gage de rentabilité et la plus grande entreprise qui soit reste vulnérable à la concurrence et à l'effondrement de ses cours de Bourse. Les parts de marché et la capitalisation boursière sont des données évanescentes : elles fondent si l'entreprise n'est pas suffisamment compétitive ou si la stratégie est erronée. Et, à force de concentrer tous les efforts sur la recherche de cibles à acquérir, on risque de passer souvent à côté de l'essentiel.

Il faut chercher ailleurs que dans l'endettement les difficultés de Vivendi, de France Télécom ou d'AOL Time Warner. Le problème n'est pas de savoir comment une entreprise finance ses acquisitions. Que ce soit par la dette, par autofinancement, par augmentation de capital ou par échange d'actions, ce qui compte c'est le prix payé par l'acquéreur et sa capacité à tirer le meilleur parti des actifs acquis. Quand les revenus attendus d'une acquisition ne sont pas au rendez-vous, l'actionnaire de la firme acheteuse est perdant quelle que soit la façon dont l'achat a été financé et quelle que soit la taille de l'entreprise.

Un survol rapide de l'histoire économique devrait suffire à inciter à la prudence. Mais, en finance, la mémoire est courte et les mêmes causes ne cessent de produire les mêmes effets comme si aucune leçon n'était jamais tirée de l'expérience passée. Périodiquement de grandes vagues de fusions et d'acquisitions submergent l'économie : dans les années 1920, à la fin des années 1960, dans les années 1980 et 1990. Périodiquement, les vagues se brisent sur l'écueil de la rentabilité et sont suivies d'un mouvement de reflux. Périodiquement, le capitalisme semble voué à une concentration indéfinie des moyens de production, finalement démentie par les faits : tout ce qui est grand n'est pas forcément efficace, tout ce qui est efficace n'est pas forcément grand.

L'heure du reflux s'annonce : le démantèlement d'une partie des grandes constructions capitalistiques des années 1990 est pour demain. On avait cru que tout valait davantage ensemble que séparé. On redécouvre que certains actifs valent davantage séparés qu'ensemble. En attendant la prochaine vague et la prochaine bulle...

 

La Croix, 10/06/2002

 

29/04/2002

Economie et politique

La politique reprend aujourd'hui le dessus sur l'économie et les lois du marché.

 

On nous a trop dit au cours des dernières années que, face à l'économie, la politique ne comptait plus pour ne pas relever les faits qui, depuis quelques semaines, tendent à prouver que la dépolitisation du monde n'est peut-être pas aussi profonde que certains l'avaient cru. Deux événements doivent être médités. Le premier est l'affaire Canal +, le second est le résultat du premier tour de l'élection présidentielle. Le rapprochement peut paraître surprenant, peut-être même choquant, tant ils peuvent sembler l'un et l'autre d'une ampleur et d'une gravité sans commune mesure.

Pourtant, dans les deux cas, c'est la politique qui reprend le dessus. On pouvait croire les peuples domestiqués par les lois du marché et soumis à la logique des orthodoxies gestionnaires. Il y avait bien eu, ici ou là, quelques signes de révoltes sporadiques, dans les manifestations anti-mondialisation, mais elles ne semblaient troubler la quiétude ni des gouvernements ni des multinationales. Il y avait eu aussi la crise de la vache folle et la marée noire de l'Erika où la politique avait repris ses droits. Mais c'était deux accidents terribles qui pointaient d'abord la défaillance des systèmes de contrôle publics.

La mésaventure de Vivendi Universal et le résultat du scrutin du 21 avril sont d'une certaine façon plus significatifs. Jean-Marie Messier avait déclaré un jour que le premier rôle dans la gestion des affaires du monde revenait désormais aux entreprises davantage qu'aux gouvernements. En faisant irruption dans la campagne présidentielle avec le dossier Canal + et celui de Vivendi Environnement, tout indique qu'il avait présumé de ses forces. Le tollé déclenché par la dénonciation de l'exception culturelle puis le limogeage de Pierre Lescure a mis le tout puissant PDG d'une des plus grandes entreprises du monde en difficulté. Tant pour l'eau que pour la télévision, la marge de manoeuvre par rapport à la politique s'est révélée finalement assez étroite.

Le résultat de l'élection présidentielle est venu éclairer d'une lumière encore plus crue ce rapport décidément compliqué entre économie et politique. Le retour de la croissance et le recul du chômage pouvaient laisser présager une atténuation du vote contestataire longtemps porté par la crise et le chômage de masse. C'était oublier cette constante historique qui place les révoltes populaires le plus souvent, non dans les creux de la conjoncture mais dans les périodes de reprise, au moment où le retour de la prospérité fait éclater les revendications trop longtemps contenues. Comme si, brusquement, tout redevenait possible, comme si brusquement toutes les frustrations accumulées se trouvaient libérées par la perspective de l'abondance. La stagnation du pouvoir d'achat à cause des 35 heures, et la perspective du retour du chômage ont rendu, on ne l'a pas assez dit, cette situation explosive.

Mais, évidemment, la conjoncture économique n'est pas seule en cause. Il faudra bien finir par reconnaître aussi que la désintégration sociale et l'angoisse qui lui est liée, ont été depuis des années dramatiquement sous-estimées. Le succès du thème de la fracture sociale, en 1995, aurait du servir d'indice. Il n'en a rien été. S'il était normal de se réjouir que la France s'ouvrît davantage sur le monde, il était suicidaire de ne pas s'efforcer de prendre la mesure de la souffrance sociale qui accompagnait la grande mutation en cours. Le vote aux extrêmes du 21 avril n'a pas tant exprimé des choix idéologiques que l'exaspération de pans entiers de la population. Trop longtemps, l'argument de la modernisation économique a tout justifié. Trop longtemps, on a voulu ignorer les conséquences dramatiques des politiques de monnaies fortes. Trop longtemps, on a refusé de reconnaître à quel point était désastreux l'effondrement de la part des salaires dans le partage du revenu national, ni à quel point le fait que le travail soit devenu la seule variable d'ajustement du système économique globalisé déchirait le tissu social. Trop longtemps, nous n'avons voulu voir la réalité qu'à travers d'illusoires indices statistiques et comptables, ou quelques enquêtes sur le moral des ménages. Trop longtemps les experts se sont contentés d'appréhender la précarité à travers la mesure restrictive du taux de chômage alors que deux fois plus de Français étaient directement touchés par les difficultés de l'emploi, sans compter leurs familles.

Désormais, ce temps est révolu. Le risque politique, en France comme dans la plupart des pays d'Europe, l'emporte sur la certitude des experts. Il faudra, désormais, pour réussir le changement, tenir compte de ses coûts sociaux, culturels, psychologiques. L'argument du déterminisme économique n'est plus tenable. Pour le meilleur ou pour le pire, la politique est de retour. Saurons-nous faire en sorte, collectivement, que ce soit pour le meilleur ? Telle est la question.

 

La Croix, 29/04/2002

 

25/03/2002

L'Europe, le marché et l'électricité

Le sommet de Barcelone marque un tournant face à l'idéologie de l'omnipotence du marché.

 

On avait fini par croire que la religion du marché serait la grande religion de l'humanité du XXIe siècle, qu'elle imposera partout les dogmes de la concurrence parfaite et que, nulle part, il n'y aurait plus de salut hors de ses lois. Mais voici que la foi vacille, que le doute lentement s'insinue dans les esprits.

Le doute, comme la lumière, vient par l'électricité. De la crise californienne à la faillite d'Enron, quelque chose a changé, une fêlure s'est produite dans la pensée unique de la mondialisation. Il est vrai que le cas de l'électricité est emblématique des limites du marché, non seulement à cause de sa position stratégique dans l'économie, mais aussi du fait de ses caractéristiques techniques. On ne peut pas stocker l'électricité, ni la transporter sur de très longues distances. A tout moment, le réseau électrique doit être équilibré, l'offre répondant à la demande au plus près de celle-ci, de sorte que les centrales électriques sont mises à contribution en fonction des besoins et non de leur coût de production.

Une autre caractéristique importante du secteur de l'électricité, c'est l'importance des investissements nécessaires et la longueur des délais de retour sur investissement, peu compatibles avec une logique financière de rentabilité à court terme. Enfin, la forte intensité capitalistique de la production et de la distribution électrique suscitent ce que les économistes appellent des rendements croissants qui donnent une prime à la très grande taille. Ces caractéristiques poussent depuis toujours les entreprises d'électricité vers une sorte de monopole dit « naturel », en ce sens qu'il est la conséquence d'un calcul économique rationnel. C'est ce calcul économique ajouté à des considérations d'ordre stratégique et idéologique qui a conduit jadis certains des pays développés à constituer de grands monopoles publics de l'électricité. Incontestablement, s'agissant d'EDF, la réussite fut éclatante, tant du point de vue économique et technique, que du point de vue de l'accomplissement des missions de service public. Péréquations tarifaires, universalité du service, continuité de l'approvisionnement, sécurité, faible coût de production, telles ont été les caractéristiques de l'électricité publique française.

Autant dire que le démantèlement des grandes entreprises d'électricité et la déréglementation dans le monde, depuis une vingtaine d'années, ont été davantage la conséquence d'un basculement idéologique, que d'un choix technique strictement rationnel. D'un point de vue technique, elle fut même souvent irrationnelle, notamment lorsque, au nom de la concurrence, les infrastructures de transport furent séparées de la production, de la distribution et du négoce d'électricité.

L'Europe s'est engagée dans cette voie avec la directive de 1996 sur l'électricité qui ouvre partiellement à la concurrence le marché de la fourniture d'électricité aux entreprises. A Barcelone, il s'agissait pour les chefs d'Etat et de gouvernement de fixer les étapes à venir de cette libéralisation. Celle-ci est désormais inéluctable dès lors que nul, pour l'instant, ne songe à remettre en cause la directive de 1996. Compte tenu du principe d'égalité dans les conditions de la concurrence, l'ouverture partielle du marché des entreprises ne peut que conduire à terme à l'ouverture totale de ce marché. Cette ouverture à 100 %, le sommet de Barcelone en a fixé l'échéance à 2004.

Aucune date, en revanche, n'a été prévue pour l'ouverture du marché des particuliers qui n'interviendra qu'après qu'une directive ait enfin posé les principes du service public dans l'Union européenne. Elle n'en est pas moins inéluctable, si l'on veut bien admettre qu'il est difficile de séparer radicalement les deux marchés et si l'on refuse de couper EDF en trois entreprises indépendantes, une dédiée aux particuliers, une aux entreprises et une à la production.

Le changement, à Barcelone, ne porte donc pas sur le principe de l'ouverture à la concurrence, mais sur le calendrier et surtout sur la nécessité de fixer au plus vite les règles relatives au service public. Le marché sera ouvert, le capital sans doute aussi et même la privatisation d'une certaine manière programmée. Sauf que, désormais, la réglementation ou, comme on dit aujourd'hui, la régulation, retrouve une certaine légitimité. De ce point de vue, il s'agit bien d'un tournant face à l'idéologie de l'omnipotence du marché qui jusqu'à présent ne souffrait aucune contestation. Il est désormais admis que la concurrence ne peut pas résoudre tous les problèmes.

 

La Croix, 25/03/2002