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19/12/2006

Sarkozy dénonce la "capitulation sociale"

Les Ardennes, vues par Nicolas Sarkozy : « 41 % pour les extrêmes au premier tour de l'élection de 2002 et 62 % pour le non à la Constitution européenne en 2005. » Autant dire une terre de mission pour le favori de la droite, qui s'est lancé hier à la poursuite de cet électorat perdu. Avec des accents guerriers et bien peu libéraux contre « la capitulation sociale à laquelle la mondialisation et l'Europe servent d'alibis depuis vingt-cinq ans ». « Je suis venu essayer de comprendre pourquoi des gens sont tellement en colère qu'ils votent pour Le Pen ou pour l'extrême gauche », a expliqué le chantre de la « rupture », au cours d'un meeting à Charleville-Mézières, un mot qu'il n'a prononcé qu'une fois. En revanche, il a rendu un hommage inédit au président de la République, en affirmant : « Grâce au quinquennat de Jacques Chirac, nous avons cessé de capituler face à la délinquance, au déclin industriel, à l'immigration non maîtrisée, à l'endettement public. »

Si le candidat UMP veut aller « plus fort et plus loin », c'est désormais au nom de la « réconciliation » de « la France qui gagne et de la France qui souffre ». Ses détracteurs, à gauche comme dans son propre camp, l'accusent de « diviser » ? À grand renfort de « je veux », il a promis « une politique qui n'oppose ni les territoires ni les Français, qui ne joue pas les jeunes contre les vieux, les services contre l'industrie, la nouvelle économie contre l'ancienne, mais qui prenne la France comme un tout, qui utilise toutes les ressources, toutes les forces, toutes les énergies, qui ne laisse rien perdre, qui n'abandonne pas une seule personne, pas un seul territoire ».

La promotion par le mérite

Ses recettes pour y parvenir n'ont pas changé. Il prône toujours la promotion par le mérite et l'enrichissement par le travail. Dans une région où les « travailleurs pauvres » sont plus nombreux que « les pauvres qu'il faut aider parce qu'ils n'ont pas de travail », Nicolas Sarkozy est revenu sur l'exonération des impôts et des charges sociales sur les heures supplémentaires, qu'il a qualifiée de « révolution économique ». Mais il s'est surtout déchaîné contre « les patrons-voyous », ceux qui ne respectent pas « le fondement éthique de l'économie de marché », contre l'« Europe devenue une machine » devant laquelle « une capitulation serait suicidaire », contre la « surévaluation de l'euro », « une erreur qui tire les salaires vers le bas et pénalise nos industries ».

À la fin du meeting, Henri Guaino, principale « plume » du candidat, se montrait satisfait : treize ans après avoir soufflé à Philippe Séguin le fameux « Munich social », il a introduit le thème de la « capitulation sociale » dans le discours de Sarkozy. La plupart de ses idées ont été reprises, notamment la promotion au rang de « droits opposables devant les tribunaux » du droit au logement, à l'hébergement, à la scolarisation des enfants handicapés à l'égalité homme-femme. Et la liste n'est peut-être pas close...

 

Judith Waintraub

© Le Figaro

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